Je grave, parce que je le dois…

Je grave, parce que je le dois…

Issu du plus profond de mon “moi” ce geste, qui a évolué au fil des années, mon immersion en lui, survenu il y a une décennie avec la série “Les abimes de l’âme …” et l’intensité du “noir” obtenu par le carborundum déposé sur la matrice ont permis la réalisation de ce projet , évoquant des paysages créés par ce regard intérieur, donnant à la peinture toute sa spiritualité.

“Tout tableau chinois, relevant d’une peinture non naturaliste mais spirituelle est à contempler comme un paysage de l’âme.
C’est de sujet à sujet, et sous l’angle de la confidence intime que l’homme y noue ses liens avec la nature. Cette nature n’est plus une entité inerte et passive. Si l’homme la regarde elle le regarde aussi, si l’homme lui parle, elle lui parle aussi.”
Peut-être ces paysages sont-ils un refuge contre la barbarie, contre le non sens qui à certains moments m’opprime la poitrine, me font taire, pour cela je grave, parce que c’est tout ce qui me reste.

La vraisemblance ne m’intéresse pas, j’essaye de montrer les résonances de mon esprit, qui par extension se changent en lien d’union avec d’autres qui par une observation silencieuse communient avec l’œuvre.

Les abîmes de l’âme … sont devenus des images circulaires, comme des lettres qu’un langage occulte tente de déchiffrer ou tout simplement sont ce qu’ils sont, des gestes qui naissent d’un ascétisme persistant. Ils ne sont pas prémédités ils apparaissent simplement, s’emparent de mon bras et se forment sur la matrice. Le carborundum devient fournisseur de couleur qui de manière graduelle et silencieuse capture la tonalité finale, qui plus tard se déposera sur le papier, mais pour une quelconque raison l’image naît déjà prête à être estampée, et redevient positive, directe, unique. Actuellement je fais uniquement des cercles, peut-être comme le dit Verier parce que : le cercle est un point central, un vide nutritif, une plénitude primaire, un lieu de naissance de l’existant, une espèce de “cosmograma” qui représente l’expérience du sacré, la diversité du monde dans l’unité. Ou probablement, après avoir fait des cercles pendant un an, c’est la phrase que j’ai trouvée donnant la seule explication plausible.

Le spirituel affleure sans aucun doute par l’enseignement que je reçois …
“l’artiste doit tenir en compte trois facteurs en même temps; la nature et ses lois, la personnalisation de l’artiste, son intuition spirituelle et son imagination, et le milieu et les lois qui lui sont propices … ” cela se traduit par la transposition de la réalité en quelque chose de purement spirituel.

Une thèse dit “la vie découle seulement de la rencontre fortuite de différents éléments chimiques”. Dans ce cas la valeur de ce travail dépendra de l’observateur face à l’œuvre. Éventuellement gagneront-ils une nouvelle raison d’être, avec un regard approprié … en définitive il est des questions auxquelles je ne pourrais jamais répondre et il est impératif d’accepter cette impossibilité.

Chaque pièce en soi est autonome, et dans la petitesse de chaque œuvre, j’essaye de reproduire le principe de l’infiniment grand qu’est le cosmos.

Texte Antonio Navarro

Traduction Lolita Moragues Pugibet

BIBLIOGRAPHY

BIBLIOTECA CLÁSICA GREDOS

ARISTÓTELES. Acerca del alma

Madrid, Gredos, 2000.

 

 

ECO, Humberto. La historia de la belleza.

Barcelona, Lumen, 2004.

 

 

ESTÉTICA CONTEMPORÁNEA ESPAÑOLA

ARGULLOL, Rafael. La atracción del abismo.

Un itinerario por el paisaje romántico.

Barcelona, Bruguera, 1983.

 

 

BIBLIOTECA DE ENSAYO

CHENG, François. Vacío y plenitud.

Madrid, Siruela, 2003.

 

DEBATE PENSAMIENTO

CRIK, Francis. La búsqueda científica del alma.

Madrid, Debate, 1994

 

GIULI, Carlo. El arte moderno.

Madrid, Akal, 1991

 

GUIU ANDREU, Ignacio, Sobre el alma humana.

Barcelona, Universitas-17, 1992

 

KRISTEVA, Julia. Las nuevas enfermedades del alma.

Madrid, Catedra, 1995

 

 

WLOF, Norbert. Friedrich

Colonia, Taschen, 2003.

 

SANDLER, Irving. El triunfo de la pintura norteamericana.

Historia del expresionismo abstracto.

Madrid, Alianza Forma, 1996.